L'hormone de croissance

L'hormone de croissance ou somatotropine ou hGH est recherchée pour deux raisons principales :
- favoriser la prise de muscles (synthèse des protéines et actions sur l'ARN) grâce à des prises associées à un régime protéiné (suppléments en acides aminés) et un entraînement intensif.
- augmenter les charges d'entraînement grâce à une amélioration de la récupération et une diminution de la fatigue engendrée par l'exercice. L'hormone de croissance est l'hormone de la récupération.
La première utilisation est le fait des sportifs pratiquant des activités de force-vitesse, la seconde est le fait des "endurants".

A l'inverse des stéroïdes anabolisants, la détection de l'hormone de croissance est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible. En effet, elle n'est plus détectable dans le sang quelques minutes seulement après son absorption. Après trente minutes, la moitié de la quantité d'hormone ingérée a disparu de la circulation.

Risques

Si les produits actuellement sur le marché sont, depuis 15 ans, synthétisés par génie génétique, l'utilisation de l'hormone de croissance remonte aux années 60. Pendant plus de 20 ans (c'est à dire jusqu'en 1983), les sportifs se sont fournis en hormones prélevées sur des animaux morts. Outre, les réactions allergiques que cela a provoqué à l'époque, on entend parler maintenant de cas de maladie de Creutzfeld-Jakob.
Parmi les effets secondaires observés, on note une croissance des os longs qui se traduit chez les sportifs par des pieds qui grandissent (certains cyclistes ont pris 2 tailles de chaussure en une saison), des maxillaires qui s'allongent ce qui peut provoquer un déchaussement des dents. Ne nous étonnons donc pas si nous voyons des ribambelles d'athlètes se promener avec des appareils dentaires. Ce n'est ni une envie soudaine d'être plus beau, ni une nouvelle mode, ni même une conséquence des forces engendrées par le mouvement…
Quant aux effets à moyen terme sur la santé, ils sont peu connus mais on parle déjà de diabète, d'arthrose, de risques cardiaques et de cancers. Par ailleurs, à l'instar des effets observés avec les bêta-stimulants, il semblerait que la prise de masse soit surtout le fait de collagènes (tissus conjonctif) et pas de tissus musculaires.

Le plus souvent, l'hormone de croissance n'est pas prise seule mais en association avec un facteur de croissance appelé IGF-1.

IGF-1 (insuline growth factor - 1)

Dans l'organisme, l'hormone de croissance agit au niveau des récepteurs situés sur les membranes des cellules cibles (cartilages, muscles…). Mais son action est également plus ciblée. En effet, l'hormone de croissance agit en relation étroite avec un composé secrété par le foie : le facteur IGF-1 (ou somatomédine C). Même si les liens entre les deux substances sont difficiles à démêler (l'hormone de croissance semble provoquer la libération d'IGF-1 et préparer les tissus à réagir à sa présence), toutes deux s'influencent réciproquement de manière positive (rétroaction positive).
La prise en simultané du puissant facteur de croissance qu'est l'IGF-1 et de l'hormone de croissance devrait aboutir (ou aboutit déjà) à des résultats qui seront sans nul doute détonants.


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# Posté le mercredi 27 juillet 2005 07:02

Les amphétamines

De la viande aux sucres

Dans les années 1930, l'alimentation carnée, encore très présente, fait progressivement place aux produits sucrés. Successivement, les sucres rapides puis les sucres lents (secteur diététique) vont faire leur apparition dans l'assiette des sportifs. Dans les années 40-50, la question se pose de savoir si l'utilisation des hydrates de carbone peut être assimilée à une technique de doping ou non.

A l'époque : le mot doping s'applique à tout moyen qui peut servir à améliorer les performances sportives. Tout étant permis en matière d'ingestions de produits, ce mot ne renvoie à aucune connotation de type légale. Il s'applique à tous les produits pharmaceutiques comme l'héroïne, la cocaïne, la caféine mais également aux préparations diététiques à base de vitamines, sels minéraux habituellement consommés avec la nourriture.

De l'éphédra aux amphétamines

Quoi qu'il en soit, au milieu du siècle, les hydrates acquièrent le statut de substances favorables à l'exercice physique.
Mais à cette époque une autre évolution est déjà en "marche accélérée", une évolution qui a pour origine l'éphédra.
L'éphédra est un petit arbre à fleurs jaunes et aux baies rouges comestibles. Depuis plusieurs siècles, sa consommation était réputée faciliter l'exercice physique et supprimer la fatigue. S'il en est ainsi, c'est que l'éphédra renferme une substance appelée éphédrine qui a pour propriétés de : dilater les bronches, exciter les muscles, augmenter le taux de sucre dans le sang, repousser la sensation de fatigue.
Outre ces effets directs sur l'organisme, qui expliquent qu'on la retrouve encore 100 ans plus tard lors des contrôles anti-dopages, l'éphédrine a tenu un rôle de premier plan dans l'histoire médicale et sportive. Elle a, en effet, servie de support aux scientifiques pour la mise au point de la première amphétamine : la benzédrine.

Très vite, les amphétamines et leurs dérivés vont devenir les stars du dopage pour longtemps. Déjà répandues dans le milieu sportif, leur réputation va être assise lors de la seconde guerre mondiale. Durant le conflit, 72 millions de comprimés de benzédrine (amphétamine) seront distribués aux contingents britanniques et notamment aux pilotes de la Royal Air Force pour les aider à lutter contre la fatigue. Au Japon, les ouvriers sont gavés d'amphétamines pour accroître leur cadence de travail.
Les utilisateurs déclarent alors ne pas ressentir de fatigue et avoir une volonté intacte quelques soient les situations.

Pour comprendre comment ces effets peuvent intervenir, pénétrons au cœur de l'organisme humain.

Comment ça marche ?

Les amphétamines agissent au niveau du système nerveux central. Dans notre cerveau sont libérés en permanence plusieurs dizaines de transmetteurs différents. Chacune de ces substances à des effets plus ou moins définis.
Les amphétamines ont une configuration proche de deux de ces transmetteurs : la noradrénaline et la dopamine. Le premier composé intervient dans l'éveil, la préparation aux agressions ; le second provoque un sentiment d'apaisement et de plaisir. La présence d'amphétamines dans le cerveau engendre une augmentation de la quantité de transmetteurs disponibles et induit, par-là même, les effets comportementaux cités.

La connivence

Dans la première moitié du siècle, la grande majorité - pour ne pas dire la quasi-totalité - des athlètes de haut-niveau ayant à supporter les efforts difficiles et prolongés ont absorbé des amphétamines. Cela ne posait aucun problème puisque, après avoir été recommandées puis délivrées (guerre), ces dernières sont restées en vente libre en France jusqu'en 1955.
L'utilisation était d'autant plus aisée que les prix étaient raisonnables. De plus, après la guerre, l'arrivée sur le marché de seringues auto-injectables permit de "s'alimenter" beaucoup plus facilement, sans interrompre l'effort.

Le sport n'est pas le seul secteur touché. Après la guerre, les amphétamines sont utilisées dans tous les corps de métiers, à chaque fois qu'une fatigue doit être endurée, à chaque fois qu'un travail physique ou intellectuel important doit être accompli. Les étudiants, professions libérales, ouvriers utilisent ces produits de manière plus ou moins prolongée.

Indétectables ?

Dans le milieu sportif français, la première loi anti-dopage de 1965, notifie explicitement les amphétamines parmi les produits interdits. Dès lors, les sportifs et leur entourage vont mener une véritable course pour éviter d'être pris aux contrôles.
La première année (1966), un contrôle sur trois est positif. L'année suivante, ce taux est guère supérieur à 10%. Cela ne signifie nullement que moins d'athlètes se dopent mais simplement qu'ils ont su déployer des astuces leur permettant de passer au travers des contrôles. Nous reviendrons sur les techniques permettant de s'assurer de n'être pas pris. En fait, si les athlètes sont pris au contrôle c'est chaque fois pour des raisons inhabituelles : un médecin qui applique les consignes de manière plus stricte que ses collègues, la mise sur le marché de nouveaux tests de dépistages sans que l'encadrement des sportifs soit mis au courant…

Ce va-et-vient entre dépistage et dopage est particulièrement mis en lumière par les "péripéties" qui se sont produites, dans les années 70, entre le biochimiste belge Michel Debackere et les stars du vélo.
A l'époque, des stimulants apparentés aux amphétamines avaient les faveurs du peloton. Il s'agit du groupe des pipéridines (Lidépran, Mératran, Ritaline). Cette popularité s'expliquait par le fait que les sportifs avaient constaté que les contrôles étaient incapables de démasquer ces substances. Pourtant, en 1974, un laboratoire dirigé par Michel Debackere découvre le moyen de repérer ces produits. Conséquence, au printemps de la même année, treize cas positifs sont trouvés. Cette vague de contrôles stoppa nette l'utilisation de ce groupe de substances.
Dans la foulée, un autre produit indécelable apparenté aux amphétamines venait les remplacer. La pémoline devenait le nouveau produit à la mode. S'en suivirent, "3 ans de bonheur sous pémoline". Mais en 1977, patatrac, il faut à nouveau changer de produit. En effet, le même Michel Debackere a trouvé le moyen de déceler le produit incriminé. Mieux encore, il s'est débrouillé pour garder sa trouvaille secrète jusqu'à confondre le roi du peloton : Eddy Merckx. "Tout le monde en prenait alors, tu faisais comme les autres" déclara le coureur.

Le lien entre sportifs et substances dopantes était si ténu que chaque produit avait son surnom : mémé pour le Mératran, lili pour le Lidépran, riri pour la Ritaline ; sans parler du pot belge et de la friandise du docteur x…

En dépit de cette banalisation qui peut laisser penser à des pratiques anodines, l'ingestion d'amphétamines n'est pas sans risques pour la santé des coureurs.

Les risques

Les amphétamines peuvent provoquer des effets secondaires indésirables.
Tout d'abord, elles peuvent altérer le jugement. Voyant tout "en rose", les sportifs dopés ont tendance à se voir meilleurs qu'ils ne le sont réellement. Le cas d'un joueur de base-ball venant de louper trois lancers et refusant de quitter le terrain parce qu'il "jouait si bien" a été rapporté par un médecin américain. Sous amphétamines, les coureurs croient courir plus vite, les lanceurs lancer plus loin qu'ils ne le font !

Mais les effets psychologiques peuvent être plus marqués. En 1941, à l'arrivée d'un cross se déroulant dans les environs de Bâle, trois coureurs présentèrent des comportements étranges. Après être arrivé, le premier de la course se mit à tenir des propos incohérents, à menacer son entourage, à s'agiter en déclarant qu'il voulait avaler des morceaux de verre. Le deuxième ressenti des malaises pendant plusieurs heures. Enfin, un troisième coureur fut arrêté dans la dernière partie du circuit. Il ressentait des secousses, était convaincu qu'il allait être condamné à mort pour s'être dopé. Alors qu'il semblait calmé, il se leva brusquement et alla se jeter dans une rivière. Il y mourut noyé.
Les trois coureurs avaient pris une substance apparentée au groupe des amphétamines, la Pervitine.
En 1948, même le grand Zatopek présenta, à l'arrivée du 10 000m des jeux olympiques de Londres, un comportement très étrange. Terriblement excité, il menaça les officiels, jeta une chaise en l'air, tomba, se releva puis parti aux vestiaires. Cet excès d'excitation était-il du à la prise d'amphétamines ?

Outre, ces effets psychologiques, les amphétamines peuvent provoquer des troubles physiques divers comme des tremblements, des accélérations du rythme cardiaque, des insomnies, un amaigrissement par leur effet coupe faim, des vertiges et bien plus encore…

Eté 1967, 13ème étape du tour de France entre Marseille et Carpentras. Il est 17h, la température avoisine les 45°C à l'ombre. Sur les pentes du Mont Ventoux, à 2 kilomètres du sommet, un coureur s'effondre. L'Anglais Tom Simpson est en train de succomber aux effets combinés des amphétamines et d'une déshydratation prononcée. En dépit des secours apportés, à 17h40 la mort intervient officiellement.

L'action des amphétamines permet de comprendre comment un sportif peut en arriver à de telles extrémités.
Nous avons dit que ces substances suppriment la sensation de fatigue. Or, les conséquences de cette dernière sont belles et bien présentes. Si le corps ne perçoit plus la douleur, ces capacités physiques, elles n'ont pas changé. Le sportif est alors comme un conducteur qui ne verrait pas s'allumer un à un les voyants de son tableau de bord. Il continue à se donner, ne reçoit pas les signaux de la fatigue, d'un coup de chaleur… Il peut ainsi continuer jusqu'à la défaillance, jusqu'à la mort par épuisement (collapsus, désamorçage cardiaque, déshydratation…). Mort pour ne pas être parvenu à prendre en compte ses propres douleurs. Le "coup de fouet" attendu se paye parfois au prix fort.

En dépit, de ces dangers, les amphétamines continuent à être utilisées soit comme stimulants, soit comme produits masquant.
Parallèlement, d'autres substances, comme la cocaïne, ont traversé le siècle pour des effets principaux proches de ceux décrits ci-avant. Les sportifs consommateurs rapportent des sensations de toute puissance et d'invincibilité. Là encore, le temps fait son affaire de tels sentiments.

Si les amphétamines ont des effets psychiques marqués sur l'organisme, leur portée physique est trop limitée pour satisfaire les sportifs en mal de performances. D'autres substances doivent se charger de ce versant de la performance.


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# Posté le mercredi 27 juillet 2005 06:53

Les corticoïdes

Les corticoïdes sont des hormones stéroïdiennes secrétées par des petites glandes situées juste au-dessus des reins. Les plus connues de ces hormones sont certainement le cortisol (hormone physiologique) et la cortisone.

Au niveau biologique, elles ont un effet exactement inverse à celui des hormones anabolisantes de la même classe (stéroïdes anabolisants). Alors que ces dernières puisaient dans les réserves pour faire du muscle, elles contribuent à former des produits utilisables par ces mêmes muscles (sucres) en puisant dans les réserves de protéines. Cette action peut être intéressante à différents moments de l'activité d'endurance :
- pendant l'effort, elle agit en renforçant l'action d'une autre hormone des situations d'urgence qu'est l'adrénaline. En effet, elle aide à fournir le glucose nécessaire à la poursuite de l'effort.
- à l'issue de l'effort, elle permet de reconstituer les stocks de glycogène épuisés par l'exercice.
Bien que prégnants, ces effets ne semblent pas ceux prioritairement recherchés par les dopeurs. Si tel était le cas, ils s'exposeraient à des désagréments notoires. En effet, une utilisation prolongée de ces substances conduit à des déstructurations musculaires - notamment au niveau des membres inférieurs- ce qui est loin d'être favorable à la poursuite du processus d'entraînement. Du point de vue biologique, il ne semble pas que les effets biologiques positifs puissent compenser les inconvénients sur le moyen terme.
Ce constat doit nous inciter à chercher dans une autre direction le pourquoi de l'utilisation des corticoïdes.

Le second effet des corticoïdes est une action anti-inflammatoire et anti-douleur. Là aussi, si cet effet peut être notoire dans certains contextes, il ne semble pas suffisant pour induire une répétition des prises.

En fait, il semble que le principal effet attendu se joue au niveau du système nerveux central. Les corticoïdes ont des effets psychologiques qui vont dans le sens d'une baisse de la sensation de fatigue et d'une régulation de l'humeur. Les sportifs adeptes de ces produits déclarent ressentir une envie décuplée, une sensation d'euphorie associée à un sentiment de toute puissance.

Risques

Hormis la fonte musculaire déjà citée, la seconde conséquence physiologique néfaste résultant d'une prise de corticoïdes est un déséquilibre hydroélectrique qui se manifeste par des oedèmes et une prise de poids par rétention d'eau. Pour limiter ces effets, ces substances sont souvent associées à la prise d'anabolisants et de calcium.
Par ailleurs, l'absence de perception des signes douloureux peut conduire aux mêmes extrémités que celles rencontrées dans le cas des amphétamines (épuisement). Enfin, des troubles psychotiques peuvent intervenir. Ces désordres sont toutefois plus modérés que ceux découlant de la prise d'amphétamines.

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# Posté le mardi 26 juillet 2005 18:45

L'autotransfusion

Les premiers essais consistant à prélever du sang à une personne pour lui réinjecter par la suite, ont été mis sur pied dans les années d'après guerre (1947) par l'armée américaine. Toutefois, la technique a été réellement affinée en 1972 par le professeur Ekblom B de l'institut de physiologie de la performance de l'école suédoise de sport à Stockholm. Elle consiste à prélever du sang à l'athlète pour lui réinjecter quelque temps avant la compétition.
Pendant l'entraînement, le staff médical prélève environ 1l de sang. Ce dernier est alors conservé selon un protocole assez rigoureux. Dans la semaine qui précède la compétition, les globules sont retransfusés à l'athlète. Pourvu de davantage de globules rouges, donc de possibilités accrues de transport d'oxygène, ce dernier présente, en moyenne, une élévation de ses performances de l'ordre de 10 à 20%. Les effets se prolongeraient pendant deux semaines. Une étude publiée en 1987 faisait état d'une amélioration des temps de une minute sur un 10 000m chez des coureurs de bon niveau.
Les risques d'une telle pratique sont une réaction de destruction des hématies (globules rouges), la survenue d'infections et un accroissement de la viscosité sanguine pouvant être à l'origine de problèmes cardiaques.
Les problèmes de conservation et les risques encourus lors de la transfusion ont limité la prolifération de cette méthode de dopage. Il n'empêche que toute une génération de spécialistes d'endurance ont "bénéficié" de ses effets. Parmi les athlètes suspectés citons le champion olympique spécialiste des 5000 et 10 000m, Lasse Viren ; l'Italien champion du monde de cross Alberto Cova, le cycliste Francesco Moser (les deux derniers athlètes étaient entraînés par le même professeur Conconi qui fut par ailleurs responsable de la lutte antidopage en Italie !). Si ces sportifs n'ont jamais confirmé les faits, d'autres comme le Russe Antipov (10 000m), les Finlandais Leppilampi (3000m steeple) et Maaninka (5000-10 000) ont avoué avoir pratiqué cette méthode. Récemment, Tyler Hamilton (cycliste, ancien lieutenant de Lance Armstrong) a été suspendu deux ans pour avoir eut recours aux autotransfusions.
Si l'autotransfusion a été la star des années 70, à l'époque, une autre technique destinée notamment à améliorer l'oxygénation de l'organisme sévissait depuis une vingtaine d'années.


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# Posté le mardi 26 juillet 2005 18:42

L'EPO

EPO pour erythropoïétine (du grec eruthros signifiant rouge et poïesis signifiant produire, créer). L'EPO est une hormone protéique habituellement produite par le rein. De ce lieu de sécrétion, elle migre dans la moelle des os où elle stimule la production des érythrocytes (globules rouges).
Utilisée en thérapeutique pour le traitement des anémies, son "ingestion" permet à un individu sain d'augmenter le nombre de ses globules rouges donc sa capacité à transporter l'oxygène jusqu'aux muscles. On comprend l'intérêt majeur que cette hormone peut revêtir pour les spécialités d'endurance.
En 1987, avant même d'être mise sur le marché (période d'expérimentations cliniques), alors qu'elle vient tout juste d'être synthétisée par génie génétique de l'hormone naturelle, l'EPO apparaît dans le milieu du sport de haut-niveau.

Depuis cette date et jusqu'à aujourd'hui, l'EPO a été plébiscitée par les sportifs pratiquant les activités d'endurance. Cet engouement s'explique par une efficacité ressentie par les sportifs ("sentiment d'avoir un turbo") et prouvée par de nombreuses expérimentations scientifiques.
Le médecin suédois, Bjorn Ekblom, celui là même qui avait mis au moins la technique de l'autotransfusion, fut un des premiers scientifiques à prouver l'efficacité de l'EPO. L'amélioration trouvée au niveau de la performance était de l'ordre de 10% en trois semaines. Depuis, ce chiffre a été confirmé plusieurs fois. Après 6 semaines de traitement, l'augmentation de la consommation d'oxygène serait de 8% et celle de la performance de 16%.
Le fameux Ekblom a même été jusqu'à comparer l'utilisation d'EPO avec l'autotransfusion pour trouver que dans les deux cas la hausse de VO2max est comparable.
Même si tel est effectivement le cas, l'utilisation d'EPO présente de multiples avantages sur l'autotransfusion :
- la méthodologie des injections est infiniment plus simple
- les injections peuvent être répétées à intervalles contrôlés et adaptées en fonction des réactions du sportif.
- l'hormone disparaît rapidement du sang (en 48h les taux sont revenus à la normale) alors que ses effets se prolongent plusieurs semaines. Remarquons que ce simple constat rend dérisoire toute tentative de contrôle sanguin direct lors des compétitions.

Ces prérogatives ont contribué à faire de l'EPO, le produit des sports de durée. Aux dires de certains spécialistes, c'est le processus d'entraînement en entier qui serait géré à partir de l'EPO et de l'évolution du taux de globules rouges qu'elle engendre. Chez un sujet lambda le taux d'hématocrite (% exprimant la concentration des globules rouges dans le sang) se situe dans une fourchette comprise entre 40 et 50% (un peu moins pour une femme). Une première période de prise d'EPO amène ce taux aux alentours de 50-55%. Un entraînement de type longues sorties à allures modérées est effectué conjointement. Dans un deuxième temps, la prise d'EPO amène l'hématocrite aux alentours de 55-60% ; l'entraînement fractionné peut alors donner toute sa mesure.

S'agissant d'une hormone, son utilisation n'est pas sans dangers pour le sportif.
Tout d'abord, signalons que sa prise doit être couplée avec celle de fer qui entre dans la composition de l'hémoglobine (le pigment transporteur d'oxygène) contenu dans les globules rouges. Etant donné que les doses sont données de manière empirique (pour ne pas dire farfelues) de nombreux cas de surdosage en fer ont été détectés. Les coureurs surdosés risquent de nombreuses lésions cellulaires (cirrhose, diabète, accidents cardiaques…).
Par ailleurs, l'EPO peut conduire à des embolies. Si elle est injectée trop rapidement, elle peut engendrer un syndrome grippal avec fièvre, frissons, douleurs musculaires…. Autant de symptômes ressentis par tous les coureurs de l'équipe PDM en 1992 (voir article consacré à cette affaire).

Le début des années 90 est une véritable période d'essais pour les dopeurs à l'EPO. L'objectif de ces derniers est d'augmenter le plus possible les performances des sportifs. Pour ce faire, ils ne se soucient guère des doses recommandées en thérapeutique mais cherchent la quantité maximale de produit conduisant à l'objectif fixé. Le seul indicateur qui puisse les renseigner est alors la réaction du sportif. Schématiquement le protocole est le suivant : tant qu'il supporte, on double les doses. Selon les produits, ces pratiques peuvent conduire à injecter des quantités 100 voir 200 fois supérieures à celles recommandées par le corps médical. Evidemment, parfois tout ça dérape ; un peu, comme dans le cas de l'affaire PDM, ou beaucoup.
Au début des années 90, en un an et demi, environ 20 coureurs professionnels sont mystérieusement décédés. Les autopsies relevaient à chaque fois une grande viscosité du sang et la formation de caillots obstruant les artères… autant d'effets secondaires de l'EPO.

Actuellement, la prise d'EPO semble mieux maîtrisée. Peut être est-elle même déjà dépassée !


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# Posté le mardi 26 juillet 2005 18:35