La légende José Maria JIMENEZ

José Maria Jiménez, dit « Chaba » est mort à 32 ans dans la nuit du 6 décembre 2003 à la clinique San Miguel de Madrid où il était en proie avec une dépression nerveuse qui l’accablait depuis l’hiver 2001. Un arrêt du cœur est venu mettre fin à ses jours et sa jeune vie de champion. Il a été enterré à El Barraco, son village, le matin du 8 décembre. L’émotion a été grande, peut-être pas à la mesure de ce que fut Jiménez dans le vélo ; car si l’homme a joui dans son Espagne natale d’un notoriété certaine, l’histoire du vélo ne lui a pas attribué le prestige qu’il aurait mérité.

Chaba, officiellement avec un b venait donc du surnom familier chabacano, même s'il disait qu'il préférait l'écrire avec un v, naquit le 6 février 1971 au Barraco dans la province d'Avila. Nimbé d'une prestigieuse auréole comme amateur, il sauta le pas en 1993, à 22 ans et devint professionnel au sein de son équipe de toujours, la Banesto. Ses talents extraordinaires de grimpeur ne firent aucun doute et il ne tarda pas à se faire remarquer parmi les grands et dans la Côte d'Urkiola, en 94, il connut un succès retentissant. Attaquant naturel, en ces premières années de carrière, il dut freiner son impétuosité offensive, se faisant remarquer comme efficace gregario d’Indurain. Il était un fils de cette Espagne pauvre et rurale. Grande gueule sans éducation, auteur de blagues dans le peloton, Jimenez était rapidement devenu "El Chaba", de "El Chabacano", le "rustre". Un surnom qu'il ne détestait pas.


Sa consécration définitive, il l'obtint en 1997. Il remporta le Championnat d'Espagne à Melilla, le Tour de la Rioja, sa première étape de la Vuelta en plus du Grand Prix de la montagne, et il termina 8eme au Tour de France, sa meilleure place. Son tempérament anarchique et génial s'aiguisait à la même vitesse que s'emballait sa popularité.

1998 fut sa saison la plus remarquable. Colossal dans le tour du Dauphiné Libéré (il vainquit le Mont Ventoux), il affronta la Vuelta dont il domina à plaisir les cimes. Il y gagna quatre étapes, avec une aisance déconcertante dans la montagne, où son style fluide rappelait la facilité de Marco Pantani. Mais il se heurta à Abraham Olano, chef de file de Banesto. Beaucoup d'aficionados s'indignèrent de voir leur idole rouler pour un autre. Olano quitta l'équipe, mais Chaba n'en profita pas pour devenir le chef unique des Navarrais. Des rumeurs commencèrent à courir, qui disaient qu'il ne se soignait pas comme il fallait, qu'il appréciait trop la vie nocturne. Il semblait patent qu'il n'était pas appelé à lutter pour occuper les premières places des grands Tours bien que les dons naturels ne lui fissent défaut.

En 1999, Jiménez remporte avec brio la première arrivée à l’Angliru, ce col épouvantable aux pourcentages effrayants, qu’il dompte malgré Pavel Tonkov, qu’il rattrape dans les derniers mètres. Hormis sa 5e place au classement final de cette Vuleta, la saison n’est pas très glorieuse. Il retrouve les frissons de la gloire en remportant la Classique des Alpes 2000. Il écrasa ses rivaux au tour de Catalogne. Seul Sevilla perdit moins de trois minutes au classement général. Mais il ne put satisfaire les attentes qu’on pouvait nourrir sur le Tour de France, en dépit de deux bonnes étapes, ni sur le Tour d’Espagne.

C’est-à-dire que Jiménez ne vouait pas sa vie à l’entraînement comme on l’aurait espéré. Il est peut-être regrettable qu’il n’ait pas exploité plus à fond ses capacités phénoménales et que son style remarquable, à la fois tauromachique et dégingandé, n’ait pas mieux étincelé dans des épreuves comme le Tour de France, qu’il eût été en droit de marquer de son empreinte. Incontestablement, Chaba fut l’un des plus grands grimpeurs des années 1990, et nous le désignerions même volontiers le meilleur après Marco Pantani, auquel il aurait pu disputer cet honneur s’il eût été moins inconstant. Mais cette irrégularité ne fut que mettre en valeur les coups déclat sensationnels dont il a abreuvé le Tour d’Espagne. Jiménez était sans doute très proche de ce qu’est la plus belle image du grimpeur, solitaire et volage, versatile comme la pluie sur les cimes.

En 2001, ses dirigeants lui donnèrent un avertissement en le privant de Tour, mais Chaba eut une réaction à la hauteur de sa dignité et sa classe en remportant trois étapes de la Vuelta. Ce fut là son dernier coup de pinceau. Il ne vint pas à la présentation de l'équipe en 2002 . Il était de notoriété publique qu'il souffrait de dépression. Depuis lors, toujours avec l'appui de sa famille et d'Azucena, sa fiancée de toujours, qu'il épousa en mai, il essaya de surmonter la maladie, même s'il connut de nombreuses rechutes. Il aurait voulu, comme Marco Pantani dans la même période, revenir briller dans la compétition. Par malheur, la dure réalité s'imposa. En septembre il eut une chute de moral due à la frustration de suivre la Vuelta à la télévision. Deux mois plus tard, malgré une multitude de séjours en hôpital psychiatriques, il mourait et entrait dans la légende du cyclisme tragique.

Sa dépendance à la drogue (que de très nombreuses sources affirment), son attirance pour la nuit et ses excès, son mental fragile et son retour précipité dans l'anonymat auront eu raison de son destin... Avec Marco Pantani, le cyclisme a perdu en deux mois ses deux meilleurs grimpeurs de la fin des années 1990, qui plus est dans des conditions quasi-similaires.



Texte du journaliste Juanma Martin, écrit dans Ciclismo a fondo (n°230), qui évoque la « légende » Jimenez.

Juanma Martin écrit : « José Maria Jiménez était un cycliste différent, il avait besoin d'une motivation spéciale pour que son immense classe puisse s'exprimer totalement. Ce trait apparaît clairement à certaines occasions où il excella dans l'improvisation la plus fantaisiste. Le début du dernier mythe orographique de la Péninsule Ibérique, l'Angliru, fut l'un des jours les plus glorieux du livre d'or de Jimmy. Tous les aficionados se rappelleront comment il sortit de la brume pour arracher in extremis à Tonkov le plaisir d'inaugurer le palmares du Colosse des Asturies. Les sommets les plus mythiques de la Vuelta eurent l'honneur d'être les décors du théâtre où se jouait son épopée. Le Grand Jiménez, le héros adulé et admiré du peuple leur doit une grande part de sa gloire.
Quatre règnes dans le prix de la Montagne (97, 98, 99 et 2001) et ses neuf victoires d'étapes, toujours avec l'arrivée au sommet sauf la première qu'il finit à San Rafael, après avoir chevauché la Navacerrada forgèrent sa légende personnelle. Xorret de Cati, Pal à deux reprises, Cerler, Lagunas de Neila, le fameux Angliru, la Demanda et Arcalis, (cette dernière ascension fut un grand spectacle contre la montre où l'on vit le courur d’El Branco lever les bras en solitaire). Succéder à Rominger, qui en avait six, comme détenteur de records d'arrivées au sommet dans l'histoire de la Vuelta et le fixer à huit, c'est l'autre succès que remporta Chaba et un défi de plus qu'il laisse à relever.
»




Source : www.velochronique.com

# Posted on Friday, 02 September 2005 at 6:33 PM

Edited on Tuesday, 06 September 2005 at 11:57 AM

Maurizio FONDRIEST

Italien
Né le 15/01/1965 à Cles
Pro de 1987 à 1998
70 victoires

Equipes successives:

ECOFLAM 1987 / ALFA LUM 1988 / DEL TONGO 1989-1990 / PANASONIC 1991-1992 / LAMPRE 1993-1995 / ROSLOTTO-ZG MOBILI 1996 / COFIDIS 1997-1998


Palmarès:
1987 (2)
Une étape du Tour de Catalogne
Asiago
2ème de Parme-Vignola
3ème de Créteil-Chaville
3ème du Tour de Romagne
3ème de la Coppa Bernocchi
3ème du Grand Prix G.Nencini

-

1988 (8)
Championnat du Monde
Grand Prix de Prato
Une étape de Tirreno-Adriatico
Une étape du Tour de Suisse
Une manche de la Chronostaffetta
Messina
San Pellegrino
Scordia
2ème de Milan-San Remo
2ème du Tour d'Emilie
2ème de la Coppa Bernocchi
3ème du Tour de Campanie
3ème du Tour de Romagne
4ème du Tour du Latium
4ème de Milan-Turin

-

1989 (5)
Tour de Toscane
Coppa Sabatini
Une manche de la Chronostaffetta
Nanno
Messina
2ème de la Wincanton Classic
2ème du Tour du Frioul
2ème du Grand Prix de Camaiore
2ème du Tour de Venetie
2ème du Trophée Baracchi
2ème du Tour d'Emilie
2ème de deux étapes du Tour d'Italie
3ème de Larciano

-

1990 (4)
Coppa Agostini
Tour du Latium
Une étape de la Semaine Sicilienne
Une étape du Tour de Grande Bretagne
3ème de Paris-Tours
3ème du Tour de l'Etna
3ème de la Coppa Sabatini
3ème du Tour de Grande Bretagne
4ème du Grand Prix G.Nencini
5ème de Milan-San Remo
5ème du Tour des Flandres

-

1991 (4)
Deux étapes du Tour de Catalogne
Une étape de la Semaine Sicilienne
Nanno
2ème de l'Amstel Gold Race
2ème du Grand Prix Pino Cerami
3ème de la Classica San Sebastian
3ème de la Flèche Brabançonne
4ème du Championnat de Zürich
4ème du Grand Prix des Nations
5ème de la Wincanton Classic

-

1992 (3)
Trophée Melinda
Une étape de la Ruta del Sol
Une étape du Tour de Catalogne
2ème du Tour du Latium
3ème du Championnat d'Italie
3ème du Grand Prix Pino Cerami
3ème du Tour de Campanie
4ème du Tour des Flandres

-

1993 (28)
Coupe du Monde
Milan-San Remo
La Flèche Wallonne
Championnat de Zürich
Tour d'Emilie
Grand Prix Telekom
Firenze-Pistoia
Tirreno-Adriatico
Tour du Trentin
Midi Libre
Escalade de Montjuich
Trois étapes du Tour du Trentin
Trois étapes du Midi Libre
Deux étapes de Tirreno-Adriatico
Deux étapes du Tour de Catalogne
Deux manches de l'Escalade de Montjuich
Une étape de la Ruta del Sol
Une étape de la Semaine Sicilienne
Une étape du Tour d'Italie
Dalmine
Bassano del Grappa
2ème de Paris-Tours
2ème du Tour de Catalogne
3ème de Liège-Bastogne-Liège
3ème de la Leeds Classic
4ème de l'Amstel Gold Race
5ème du Championnat du Monde
8ème du Tour d'Italie

-

1994 (9)
Tour du Latium
Coppa Sabatini
Tour de Grande Bretagne
Tour de Pologne
Deux étapes du Tour de Grande Bretagne
Deux étapes du Tour de Pologne
Une étape de la Semaine Sicilienne
2ème du Tour de l'Etna
2ème du Tour d'Emilie
3ème du Championnat de Zürich
3ème de Firenze-Pistoia
5ème du Tour de Lombardie



1995 (3)
Une étape du Tour d'Italie
Une étape des Trois Jours de La Panne
Une étape du Tour de Catalogne
2ème de Milan-San Remo
2ème de Gand-Wevelgem
2ème de la Flèche Wallonne
2ème du Tour de Romagne
2ème de Tirreno-Adriatico
3ème du Tour de Murcie

-

1996 (3)
Une étape des Trois Jours de La Panne
Une étape du Tour de Pologne
Cagliari
2ème du Tour de Pologne
3ème de la Flèche Wallonne
3ème du Tour de Sardaigne
4ème des Jeux Olympiques c.l.m

-

1997 (1)
Une étape du Tour de Valence
4ème de la Classica San Sebastian
4ème du Tour du Limousin


source: http://velopalmares.free.fr/

# Posted on Tuesday, 02 August 2005 at 2:49 PM

Johan MUSEEUW

Johan Museeuw est un monument du cyclisme. Ce flandrien, né près de la côte, le 13 octobre 1965, est certainement le plus grand coureur de classiques de ces dernières années. Avec 11 succès, il détient le record du nombre de victoires dans des classiques de la Coupe du Monde.

Son palmarès regorge de succès prestigieux, la plupart dans des courses d'un jour. Il remporte ainsi trois fois le Tour des Flandres (1993, 1995 et 1998) et Paris-Roubaix (1996, 2000, 2002). Il s'adjuge également des courses comme le Grand Prix de Zurich (1991 et 1995), Paris-Tours (1993), l'Amstel Gold Race (1994) ou encore la Hew Cup (2002). Il décroche également deux fois le classement final de la Coupe du Monde (1995 et 1996). En 2002, à plus de 37 ans, il échoue, à neuf petits points de ce titre, qui récompense le coureur le plus régulier dans les principales classiques.

En 1996, peut être sa plus belle saison, il porte pour le seconde fois le maillot de champion de Belgique (qu'il remporte également en 1992) et devient même Champion du Monde à Lugano, en Suisse.

Il inscrit également son nom sur les tablettes de semi-classiques flamandes comme le circuit Het Volk (2000), Kuurne-Bruxelles-Kuurne (94 et 97), le Grand Prix de l'E3 (92, 98) ou la Flèche Brabançonne (96, 98 et 2000) notamment. Mais ce "Roi des classiques" a également forgé son palmarès dans des courses par étapes : il remporte deux étapes sur le Tour de France 1990, dont l'une sur les Champs Elysées et remporte le classement final des Quatre Jours de Dunkerque, en 1995 et en 1997, et des Trois Jours de la Panne, aussi en 1997.

Ses nombreux succès, mais aussi ses combats pour revenir au premier plan - il manque de perdre une jambe à la suite d'une chute dans Paris-Roubaix 1998 et sombre quelques jours dans le coma après un accident de moto en 2000 - ont achevé de faire de lui un monument du cyclisme.


Equipes successives:

Début professionnel en 1988
1988-1989 : AD Renting
1990-1992 : Lotto
1993-1994 : GB-MG Technolgym
1995-2000 : Mapei
2001-2002 : Domo-Farm Frites
2003-2004 : Quick Step-Davitamon
Fin de carrière le 14 avril 2004


Palmarès:

Trophée du Mérite Sportif belge: 1996
Lauréat du Vélo d’Or mondial: 1996
Lauréat du Mendrisio d'Oro: 1996
Lauréat du Sprint d'Or: 1995, 1996, 2002 (3e: 2003)
Lauréat du Vélo de Cristal: 1993, 1995, 1996, 1997, 2002
Champion du monde à Lugano (Suisse) en 1996
Vainqueur de la Coupe du Monde UCI en 1995 et 1996 (2e: 1993, 1994, 2002)
Champion de Belgique sur route en 1992 et en 1996
Triple vainqueur du Tour des Flandres (1993, 1995 et 1998) (2e: 2002)
Trible vainqueur de Paris-Roubaix (1996, 2000 et 2002)
Vainqueur de Paris-Tours (1993)
Double vainqueur du Grand Prix de Zürich (1991 et 1995)
Vainqueur de l'Amstel Gold Race (1994)
Vainqueur de la HEW Cyclassics (2002) (Hamburgische Electricitäts-Werke Cyclassic)
Vainqueur du circuit du Het Volk (2000)
Triple vainqueur de la Flèche Brabançonne (1996, 1998 et 2000)
Double vainqueur de Kuurne-Bruxelles-Kuurnes (1994 et 1997) (2e: 1999)
Double Vainqueur des 4 jours de Dunkerque (1995 et 1997)
Vainqueur des 3 Jours de La Panne (1997)
Vainqueur du Circuit des Ardennes flamandes (1995)
Vainqueur de Dwars door Vlaanderen (1999)
Vainqueur de A travers la Belgique (1999)
Trophée Laigueglia (1995)
Grand Prix Eddy Merckx (1995) (3e: 1996)
Grand Prix de l'E3 (1998)
Omloop-Mandel-Leie-Schelde (1999, 2003) (2e: 2002) (derrière derny)
Critérium de Gistel (2004) (Jubilé Johan Museeuw, sa dernière course, le 02 mai)
Vainqueur de deux étapes du Tour de France en 1990


Sources: http://fr.wikipedia.org/wiki/
www.belgium.be

# Posted on Monday, 01 August 2005 at 2:38 PM

Paolo BETTINI

Paolo Bettini est un coureur cycliste italien né le 1er avril 1974 à Cecina. Il passe professionnel en 1997 avec l'équipe « MG-Technogym ». Il s'engage ensuite chez « Asics-CGA » (1998) puis « Mapei » (1999-2002) avant de rejoindre Quick Step en 2003.
Première victoire en professionnel en 1999 : une étape du Tour de Romandie.


Palmarès:

1er du classement UCI : 2003 (2e: 2004; 3e: 2002)
Mendrisio d'Or : 2003
Giglio d'Oro : 2004

Vainqueur de la Coupe du monde : 2002, 2003, 2004
Médaille d'or aux Jeux Olympiques sur route : 2004
Championnat d'Italie : 2003
Liège-Bastogne-Liège : 2000, 2002
Milan-San Remo : 2003
Classique de San Sebastian : 2003
Hew Cyclassic Hambourg : 2003
Championnat de Zürich : 2001
Tirreno-Adriatico : 2004
Tour Méditerranéen : 2003
Tour des Régions Wallonnes : 2002
Tour du Latium : 2002
1 victoire d'étape sur le Tour de France

2e Championnats du monde sur route: 2003
2e du Vélo d’Or: 2003 (3e: 2002)

Résultats sur le Tour de France
2000 : Abandon 13e étape et vainqueur d'une étape
2001 : 70e du classement général
2003 : 48e du classement général
2004 : 58e du classement général

Résultats sur le Tour d'Italie
1997 : 25e du classement général
1999 : 44e du classement général
2002 : Abandon
2005 : Vainqueur de la première étape et 4 jours en rose


Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Paolo_Bettini

# Posted on Monday, 01 August 2005 at 2:27 PM

1995: La mort en course de Fabio CASARTELLI

C'était le mardi 18 juillet 1995. La 15e étape du 82e Tour de France conduisait les coureurs de Saint-Girons à Cauterets sur 206 kilomètres et par-delà plusieurs cols légendaires des Pyrénées. Pour la cinquième année consécutive, le peloton s'était fait à l'idée de la domination de Miguel Indurain. Les coureurs musardaient et c'est avec un retard d'une dizaine de minutes sur l'horaire que le peloton aborda le col du Portet d'Aspet, 1re des six difficultés du jour. Soudain, tandis que les coureurs basculaient, un à un, au sommet (1069m) du col et plongeaient, à 30 km/h à peine, dans la descente, les radios retentirent dans chacun des véhicules de la caravane. «Chute! Chute! Motorola. Museeuw, Perini...»

Il était 11h50 et les compteurs indiquaient 34km depuis le départ. Radio-Tour annonçait aux directeurs sportifs et aux suiveurs que sept coureurs s'étaient retrouvés au sol, dans le premier virage abordé pourtant à faible allure. Museeuw, sonné et touché au genou, Perrini, Breukink et Aguirre repartirent bien vite tandis que Baldinger montait dans une ambulance et que l'on hissait péniblement Rezze, tombé dans le ravin, lequel allait aussi abandonner. Mais tous ceux qui passèrent à proximité du lieu de la chute comprirent directement que le septième coureur impliqué, le jeune italien Fabio Casartelli, même pas 25 ans, avait été très sérieusement touché. Le docteur Porte, le médecin-chef du Tour et ses assistants s'activaient autour du coureur de l'équipe américaine Motorola, recroquevillé en position foetale, les yeux fermés, la tête contre le macadam rougit par une large flaque de sang.

Perfusé et ventilé, Casartelli, la face enfoncée, fut finalement conduit en ambulance au bas du col où un hélicoptère l'emmena au plus vite vers l'hôpital de Tarbes. Durant son transfert, Casartelli, plongé dans le coma, fit trois arrêts cardiaques. Les médecins le récupérèrent mais les dégâts cérébraux étaient trop importants et la mort du coéquipier d'Armstrong fut finalement constatée peu après 14 heures.

Le lendemain, le peloton, frappé de stupeur et de tristesse, roula groupé de Tarbes à Pau en hommage au défunt avant de laisser les six équipiers de Casartelli (Armstrong, Andreu, Mejia, Swart, Bauer et Peron) passer la ligne d'arrivée avec quelques secondes d'avance.


Puis la course reprit ses droits mais Lance Armstrong, qui n'était pas encore le champion du Tour de France que l'on sait, honora de la plus belle des manières qui soit son équipier disparu trois jours plus tôt.


Au prix d'un magnifique effort, le Texan s'imposa en solitaire à Limoges, terme de la 18e étape, tout simplement parce que Fabio Casartelli avait, depuis le début du Tour, souligné à l'encre rouge cette étape dans son agenda.


«Aujourd'hui, je n'étais pas seul à pédaler, Fabio m'accompagnait durant toute l'étape, c'était une impression de force extraordinaire», dira Armstrong après avoir franchi la ligne d'arrivée, les yeux rivés et les deux index tendus vers le ciel. Jusqu'aux Champs-Elysées, le vélo de Fabio Casartelli accompagna la course, avec sa plaque de cadre 114, sur le toit de la voiture Motorola.


Source: http://www.dhnet.be/

# Posted on Monday, 01 August 2005 at 2:20 PM